AXIOME Énergies
Étude de cas · Diagnostic terrain

PAC remplacée depuis 1 an.
Impossible de dépasser 16°C.

Type : Ferme rénovée 1990 – 280 m² Système : PAC air/eau Fujitsu · Plancher chauffant Zone : Auvergne-Rhône-Alpes Durée diagnostic : 4 h sur site
Premier verdict de l'installateur : machine insuffisante. C'était faux – ou plutôt, ce n'était qu'une partie du problème. Ce dossier illustre ce qui arrive quand on remplace un composant sans avoir compris pourquoi l'installation dérivait.
PAC Fujitsu Atlantic DC Inverter double ventilateur – ferme rénovée Auvergne-Rhône-Alpes

PAC Fujitsu/Atlantic DC Inverter double ventilateur – remplacée depuis 12 mois au moment du diagnostic

Tableau hydraulique PAC – filtre Spirovent, circulateur, soupape différentielle

Tableau hydraulique : filtre Spirovent, soupape différentielle mal réglée, purge automatique – plusieurs anomalies visibles

Nourricier plancher chauffant – débitmètres à zéro, têtes thermostatiques sur tous les circuits

Nourricier plancher chauffant : débitmètres au plancher sur la majorité des circuits – eau circulant uniquement là où la résistance était minimale

Contexte

Ferme en pierre rénovée en 1990, 280 m² habitables, chauffage par plancher chauffant hydraulique alimenté par une PAC air/eau Fujitsu/Atlantic DC Inverter double ventilateur. La PAC avait été remplacée un an avant le diagnostic suite à des problèmes de confort persistants. Malgré ce remplacement, impossible de maintenir 19°C en période hivernale – plafond constaté à 16°C dès que les températures extérieures passaient sous +4°C.

Le rapport initial n'avait pas quitté le bureau. La décision de remplacement avait été prise sur la base des données constructeur à +7°C, sans vérification du besoin réel du bâtiment ni de l'état du réseau de distribution.

Données mesurées – l'écart DPE / réalité terrain

Le recalcul des déperditions réelles à partir des relevés terrain (volumes, composition des parois, menuiseries, ventilation effective) a produit des chiffres très différents des hypothèses initiales.

Puissance estimée (DPE)
16 kW
à +7°C – données constructeur
Besoin réel calculé
21 kW
à -12°C – déperditions mesurées
Écart de puissance
+31%
non couvert dès le départ
Température max. constatée
16°C
quand Text < +4°C

Mais le sous-dimensionnement de la PAC ne suffit pas à expliquer la totalité du problème. Même une machine correctement dimensionnée n'aurait pas fourni un confort acceptable dans l'état du réseau hydraulique existant.

Anomalies constatées sur site

Le diagnostic terrain a révélé une accumulation de défauts non reliés entre eux dans le rapport précédent. C'est cette combinaison qui rendait le système incapable de chauffer correctement, indépendamment de la puissance nominale de la PAC.

01
Plancher chauffant – débits très faibles sur la majorité des circuits Nourricier avec débitmètres à quasi-zéro sur 6 circuits sur 8. L'eau circulait uniquement là où la résistance hydraulique était la plus faible – zones périphériques sous-chauffées systématiquement.
02
Réseau partiellement embué – boues magnétiques Filtre Spirovent fortement chargé à l'ouverture. Circulation pénalisée sur l'ensemble du réseau. Pas de purge programmée ni de traitement préventif depuis la pose.
03
Soupape différentielle mal réglée Pression différentielle réglée trop haute – dérivation systématique du débit principal avant distribution aux circuits plancher. Court-circuit hydraulique non diagnostiqué.
04
Têtes thermostatiques sur tous les émetteurs Incompatibles avec un plancher chauffant correctement équilibré. Fermeture partielle ou totale de circuits sans compensation sur les autres – déséquilibre permanent.
05
VMC hygro B – défaut récurrent Unité en défaut régulier, extraction insuffisante sur plusieurs pièces humides. Aucune entrée d'air sur les ouvrants. Renouvellement d'air non maîtrisé – pertes thermiques réelles supérieures aux hypothèses de calcul.
06
Volumes complexes et composition réelle non prise en compte Ferme en pierre avec zones à hauteur variable, isolation hétérogène entre parties rénovées 1990 et parties d'origine. Le calcul initial n'avait pas tenu compte de la composition réelle des parois.

Ce que ça explique

L'eau circulait là où c'était le plus facile, pas là où il fallait chauffer. La soupape mal réglée court-circuitait une partie du débit avant même la distribution. Les boues réduisaient encore la circulation effective. Les têtes thermostatiques créaient des déséquilibres dynamiques permanents. La VMC en défaut ajoutait des pertes non calculées.

Résultat : la PAC, même sous-dimensionnée, ne pouvait pas compenser une distribution hydraulique défaillante. Remplacer la machine une seconde fois n'aurait rien résolu.

Verdict technique

Ce dossier présente une responsabilité multi-niveau : sous-dimensionnement de la PAC par rapport aux déperditions réelles du bâtiment (écart de 31%), défauts d'installation et d'équilibrage du plancher chauffant, absence de maintenance préventive, et non-conformité du système de ventilation. Aucun de ces éléments n'a été isolément identifié dans les rapports antérieurs. Le diagnostic terrain de 4 heures a permis de les relier et d'établir la chaîne causale complète.

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